FOI & CONSCIENCE FORUM DE LA FRATERNITE ANTHROPOSOPHIQUE |  |
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Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Bhagavad Gîtâ (extraits) Ven 25 Juil - 11:58 | |
| VII
| Citation: | KRISHNA :
Ta pensée plongée en moi, Arjuna, gardant ton détachement intérieur et faisant de moi ton refuge, ainsi, sans aucun doute, sauras-tu qui je suis dans ma totalité. Écoute!
Je vais, sans rien laisser dans l'ombre, te dire la connaissance et la perception qu'on en a. Une fois cette connaissance acquise, il ne reste ici-bas absolument plus rien à connaître.
Parmi des milliers d'hommes, il en est peu qui tendent vers ce but. Et même parmi ceux qui font tous leurs efforts et y parviennent, il en est peu qui réellement me connaissent.
Terre, Eau, Feu, Air, Éther, Pensée, Conscience et sens du Moi, telles sont les huit divisions de ma Nature.
Elle est manifestée. Mais sache que je possède une autre nature, non-manifestée, incarnée dans l'être vivant : c'est elle qui soutient le monde.
Elle est le creuset de tout ce qui existe, sache-le. C'est moi qui suis, de l'univers entier, et l'origine et le terme.
Au-delà de moi, rien n'existe, Arjuna. Tout l'univers est suspendu en moi comme sur un fil des myriades de perles.
Je suis la saveur dans les eaux, Arjuna, je suis la lumière, et du soleil et de la lune, je suis dans les Veda le mantra Om, je suis le son dans l'éther et je suis la vitalité dans l'homme.
Je suis le parfum sacré de la terre et je suis l'éclat dans le feu, je suis la vie dans ce qui existe, je suis l'ardeur chez les ascètes.
De ce qui est, je suis le germe, sache-le, Arjuna, le germe immémorial. Je suis la clairvoyance chez les sages, je suis la gloire des héros,
je suis la force des forts, une force affranchie de désir et de passion. Je suis en toute chose le désir en harmonie avec l'ordre cosmique, Arjuna.
Et les états de la nature, la transparence de l'aurore, la fièvre de midi, la pesanteur du soir, sache que c'est de moi qu'ils viennent, mais moi je ne suis pas en eux, c'est eux qui sont en moi.
Abusé par ces trois états faits de matière, tout cet univers que voici n'a pas conscience que je suis au-delà, que je suis immuable.
Divine, en effet, mais aussi matérielle est ma forme manifestée, il est ardu d'aller au-delà d'elle. En vérité, qui se tourne vers moi passe au-delà de cette forme.
Abusés par leurs actes, hommes tombés très bas, ils ne se tournent pas vers moi, ceux dont ma forme étouffe la conscience, ils gisent au coeur des ténèbres.
Ils sont de quatre sortes, Arjuna, les êtres aux actes justes qui ont part à ce que je suis : l'homme livré au destin, l'homme qui désire connaître, l'homme qui a pour but la richesse et l'homme empli de connaissance.
D'entre eux, seul ce dernier, sans cesse intérieurement détaché, a part à la Conscience. Pour lui, je suis cher, plus que tout, et lui, pour moi, est cher.
Précieux, ils le sont tous, mais celui qui connaît, il est vraiment lui-même, c'est ma pensée : par son détachement, il est en moi comme en la voie la plus haute.
C'est au terme de naissances sans nombre qu'un être qui connaît trouve refuge en moi. Très difficile à rencontrer, l'âme profonde qui sait que je suis toute chose.
Obnubilés par leurs désirs, les hommes vont à d'autres dieux. Cherchent-ils la maîtrise d'eux-mêmes ? Leur nature est toujours leur maître.
Quiconque désire prier une forme que la foi lui rend accessible, cette foi, c'est moi qui l'accorde et qui la rends constante.
Sa foi en fait un être détaché, il cherche à se concilier cette forme, les désirs qu'alors il éprouve, c'est moi, en effet, qui les donne.
Mince est le gain pour ceux dont la vision est courte. C'est par le sacrifice qu'on accède aux dieux, c'est en partageant ma nature qu'on vient à moi.
Moi qui suis au-delà des formes, on me croit présent dans les formes, c'est manquer de discernement. C'est ignorer que ma nature est au-delà, hors de tout changement et à rien comparable.
Je ne suis pour personne visible, ma propre création me cache. Ainsi abusé, le monde ne voit pas que je suis au-delà de l'espace et du temps.
Je connais les formes qui furent et celles qui existent, Arjuna, je connais les formes futures, mais nul ne me connaît.
Surgie de la rivalité entre désir et répulsion, la dualité rend aveugle, Arjuna. C'est pour cela que dans le monde manifesté toutes les formes ont une cécité totale.
Mais ceux que plus rien n'affiige, les êtres aux actes justes et, par là, affranchis de la dualité opaque, ces êtres ont part à ma nature, inébranlablement.
C'est en cherchant, une fois entré en moi, à s'affranchir de la vieillesse et de la mort qu'on voit que l'âme incarnée tout entière et que l'action dans sa totalité sont en réalité Conscience.
Voir que je ne fais qu'un avec l'âme des choses, avec l'âme des dieux, avec l'âme du sacrifice, le voir même à l'instant du grand départ, c'est me voir d'une esprit enfin libre.
Bhagavad Gîtâ - VII - "De la perception de la connaissance" - (Mahâbhârata, chant VI : Bhismaparvan) |
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|  | | Telperion
   Age : 20 Inscrit le : 27 Aoû 2006 Messages : 2182 Localisation : Nulle part.
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Ven 25 Juil - 18:24 | |
| Magnifique. Voilà comment devrait être tout texte spirituel : Concis et clair. _________________ ----- |
|  | | Jean-Loup
   Age : 31 Inscrit le : 07 Juin 2007 Messages : 123 Localisation : ---> ici
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Dim 3 Aoû - 22:57 | |
| j'ai ce livre, dans une version offerte à ma mère par des adeptes de Krishna dans la rue. J'en parcours parfois les textes, mais qu'en reste-t-il une fois arrivés dans moi ? |
|  | | Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 9:18 | |
| Que veux-tu dire par là ? _________________ « Tu pleures sur ceux sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants » (Baghavad-Gîtâ) |
|  | | Blandine

Inscrit le : 21 Aoû 2006 Messages : 1285 Localisation : Frontière lorraine
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 13:38 | |
| C’est au grand mystère du Macrocosme en regard du microcosme que nous conduit la Bhagavad-gîtâ : la contemplation de Krishna dans sa nature la plus haute, celle de l’Homme en tant que tel, en tant qu’UN face à lui-même :
| Citation: |
C’est là une des plus belles descriptions que l’humanité ait jamais entendues, aussi bien par sa forme artistique que par son contenuè philosophique. Ardjouna se sert de mots qu’il prononce pour la première fois, dont il n’a pas l’habitude et qu’il n’aurait jamais pu employer auparavant ; il ne les connaissait même pas. En paroles tirées des profondeurs de son être, il décrit ainsi ce qui se révèle à lui quand il contemple le grand Krishna :
« Tous les Dieux, je les vois dans ton corps, ô Dieu, ainsi que toutes les légions d’êtres : Brahman, le Seigneur sur son trône de lotus, tous les Rishis et les serpents célestes. Je te vois constitué de nombreux bras, corps, bouches et yeux ; je te vois partout, infini dans ta forme ; en toi je ne vois ni fin ni milieu, ni commencement, ô Seigneur du Tout. Ô toi qui m’apparais dans toutes les formes, toi qui m’apparais avec un diadème, une massue et un glaive, je te vois comme une montagne en flamme, rayonnant de tous côtés. Mon regard est ébloui comme par un flamboiement de lumière solaire s’étendant à l’infini […] Devant un corps si gigantesque, devant ses multiples bouches, ses bras, ses jambes, ses pieds, ses nombreuses gueules armées de dents, l’univers est pris de tremblement, et je tremble moi aussi. Je vois en toi celui qui ébranle le ciel, le Rayonnant, celui dont les yeux sont comme d’immenses flammes. Mon âme est tremblante. Je ne trouve rien de solide, aucun repos, ô grand Krishna qui pour moi est Vishnou lui-même… »
Voilà comment parle Ardjouna quand il est seul avec lui-même et que son propre être lui apparaît objectivisé. Nous nous trouvons là devant un grand secret cosmique, mystérieux non par son contenu théorique, mais à cause du sentiment écrasant qu’il doit éveiller en nous si nous cherchons à bien comprendre. Il est plus mystérieux que tout ce qui, dans le monde, a jamais frappé la sensibilité humaine. (R. Steiner)
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Puis lorsqu’il se trouve à l’aube de la grand bataille de Kouroukshétra :
| Citation: | Quand Krishna lui-même s’adresse à Ardjouna, il s’exprime ainsi :
« Je suis le Temps qui anéantit tous les mondes. Je suis apparu pour faire avancer les hommes. C’est toi qui va être cause de leur mort au combat ; mais même sans toi, ils sont voués à la mort, tous ces guerriers qui sont là-bas en rangs. C’est pourquoi il faut t’élever sans crainte. Tu dois acquérir de la gloire et vaincre l’ennemi. Réjouis-toi de la victoire qui est en vue et de ce que tu vas régner. Ce n’est pas toi qui les auras tués s’ils succombent dans la lutte. Ils sont déjà tous tués pour moi avant que tu aies pu les atteindre. Tu n’es qu’un instrument, c’est ta main seule qui combat. Drona, Bhîshma, Karna et les autres héros que j’ai tués, qui sont déjà morts, tue-les pour que mon action se manifeste. S’ils périssent dans la Mâyâ, tués par moi, tue-les. Et ce que j’ai fait sera en apparence arrivé par toi. Ne tremble pas. Tu ne peux rien faire que je n’aie déjà fait. Combat donc, ils tomberont sous ton glaive, ceux que j’ai tués. »
Nous savons que tout ce qui se passe ainsi comme un enseignement donné par Krishna aux fils de Pândou est raconté à Ardjouna par le conducteur du char de Dhritarâshtra. Le poète ne nous dit pas directement : voilà comment Krishna parle à Ardjouna. Il dit que Sanjaya, le conducteur du char de Dhritarâshtra, le raconte au héros aveugle, au roi des Kourous. Après quoi il poursuit :
« Et lorsque Ardjouna, tremblant et les mains jointes, a entendu la parole de Krishna, il s’adresse de nouveau à celui-ci en balbutiant de frayeur et se prosternant très bas devant lui : “ Le monde se réjouit de ta gloire et se consacre à toi avec vénération. Les Rajas – ce sont les esprits – s’enfuient épouvantés de tous côtés. Les légions saintes s’inclinent toutes devant toi. Pourquoi ne s’inclineraient-elles pas devant le premier Créateur qui est encore plus digne que Brahmâ ? »
Nous sommes vraiment ici devant un mystère cosmique. Que dit en effet Ardjouna lorsqu’il voit devant lui son propre être en chair et en os ? Il s’adresse à cet être comme s’il le considérait comme supérieur à Brahmâ lui-même. Nous sommes ici devant un mystère. Car lorsque l’homme s’adresse ainsi à son propre être, il faut entendre ses paroles en se disant qu’aucune des impressions, aucune des idées, des notions auxquelles on fait appel dans la vie courante ne permet de les comprendre. Rien ne serait plus dangereux que d’interpréter ces paroles en y appliquant un sentiment qu’on pourrait avoir d’ordinaire. Si l’on ne ressentait pas dans les paroles d’Ardjouna le plus grand des mystères cosmiques, la folie, la mégalomanie seraient peu de choses à côté de la maladie dont serait atteint celui qui voudrait appliquer ce genre de sentiment à l’égard de Krishna, c’est-à-dire de sa propre nature supérieure.
« Ô toi, Maître des Dieux, tu es sans fin, tu es le Sublime, tu es à la fois l’Être et le Non-Être ; tu es le plus grand des Dieux, les plus ancien des Esprits ; tu es le plus précieux trésor du Tout universel, tu es celui qui sait, tu es le plus conscient de tous les êtres, tu embrasses l’univers tout entier ; tu as en toi toutes les formes qui peuvent exister. Tu es le vent, tu es le feu, tu es la mort, tu es la mer cosmique en perpétuel mouvement ; tu es la lune ; de par ton nom même, tu es le plus grand des Dieux ; tu es l’ancêtre du plus grand des Dieux. La vénération t’est due mille et mille fois, et plus encore que cette vénération doit te venir de tous côtés. Tu es tout ce qu’un être humain peut jamais être. Tu es plus puissant que la totalité de toutes les forces possibles. Tu accomplis tout et tu es en même temps le Tout. Si, impatient et te tenant pour mon ami, je t’ai appelé étourdiment, familièrement “Krishna”, “Yiva”, ami, ignorant ainsi ta majesté sublime – si dans ma faiblesse je ne t’ai pas honoré comme il se doit, dans le mouvement ou dans l’immobilité, dans le monde divin ou dans la vie quotidienne – que tu aies été seul ou réuni à d’autres êtres – je demande pardon à ton Immensité. Toi, le Père de l’univers, toi qui mets en mouvement le monde où tu es toi-même en mouvement, toi qui est le Maître supérieur à tout autre, toi que personne n’égale, toi auquel on ne peut rien comparer dans les trois mondes – je me prosterne devant toi, j’aspire à ta grâce, ô Seigneur qui te manifeste dans tous les univers. Je vois en toi ce que je n’ai jamais vu. Je frémis de crainte. Montre-moi ta forme, ô Dieu. Sois-moi favorable, ô toi le Dieu des Dieux, l’origine de tous les mondes. »
Nous sommes vraiment là devant un mystère quand l’être humain s’adresse ainsi à un être humain. Alors Krishna dit à son disciple : « Je me suis révélé à toi par grâce. Tu vois devant toi, évoqué par enchantement, mon être le plus élevé, lumineux, incommensurable, primordial. Tel que tu me vois, nul autre ne m’a vu. Tel que tu me vois avec les forces qui te sont maintenant accordées par grâce, je n’ai jamais eu connaissance de ce qui se trouve dans les Védas, je n’ai jamais été touché par les sacrifices qui m’ont été offerts. Aucune offrande n’est arrivée jusqu’à moi, aucune étude ne s’est élevée jusqu’à moi ; ni les cérémonies, ni l’expiation la plus pénible ne permettent de me contempler dans la forme que je revêts actuellement, la forme humaine dans laquelle tu me contemple en ce moment, ô grand héros. Pourtant tu ne dois pas avoir peur, tu ne dois pas être troublé par l’aspect effrayant de ma forme. Libre de toute crainte, comblé par l’Esprit, tu me contempleras de nouveau tel que tu me connais dans ma forme actuelle. »
Et le récit que fait Sanjaya à Dhritarâshtra l’aveugle se poursuit ainsi :
« Lors donc que Krishna eut ainsi parlé à Ardjouna, celui qui est incommensurable, sans commencement ni fin, celui qui est supérieur à toutes les formes, disparut, et Krishna se montra de nouveau dans sa forme humaine comme s’il voulait par son apparence amicale, tranquilliser celui qui avait eu si peur. Ardjouna dit alors : “ Maintenant que j’ai de nouveau sous les yeux ta forme d’homme, mon savoir me revient. Je reprends conscience et je redeviens celui que j’étais. ” Krishna reprend : “ Cette forme qu’il est si difficile de contempler, que tu as reconnue comme étant la mienne, c’est celle que les Dieux aspirent sans cesse à regarder. Les Védas n’en donnent pas connaissance, elle n’est accessible ni par la pénitence, ni par les dons ou des sacrifices, ni par quelque cérémonie que ce soit. Rien de tout cela ne me révèle sous cette forme que tu as vue.
Seul celui qui sait s’isoler, se libérer des Védas, de toute expiation, de tout sacrifice, de tout culte, pourra me contempler sous cette forme, me reconnaître et ne faire qu’un avec moi. Celui qui agit comme je le lui suggère, celui qui m’honore et m’aime, celui qui ne tient pas compte du monde et qui est plein d’amour pour tous les êtres, celui-là vient à moi, ô mon fils de la lignée de Pandou.»
(R. Steiner)
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Avatar direct de Vishnou trente et un siècles avant Son incarnation dans une chair humaine, Krishna manifestait alors ainsi la totalité de la réalité du Verbe – du triple Logos à venir – en exprimant ici par avance ce qu’Il exprimerait un jour sous les traits de celui qui devait devenir le Porteur du Christ. Aussi Rudolf Steiner put-il conclure :
| Citation: | Nous sommes là devant un mystère cosmique dont la Gîtâ nous dit qu’il a été communiqué à l’humanité à une heure solennelle, l’heure où, l’antique clairvoyance dépendant du sang ayant disparu, l’âme humaine a dû chercher de nouvelles voies vers l’Infini, vers l’Impérissable. Ce mystère nous est annoncé afin que nous voyions également tout ce qui peut devenir dangereux pour l’homme lorsque étant sorti de lui-même, il a vu sa propre nature. Ce mystère humain et cosmique qui est celui de notre propre essence, telle qu’elle se révèle à une véritable connaissance de soi, constitue la plus grand énigme de l’univers. Il ne nous est permis de nous le représenter que si nous pouvons le faire avec humilité. Aucune faculté de compréhension ne suffit pour aborder ce mystère ; il y faut le sentiment approprié. Personne ne peut s’en approcher, tel qu’il s’exprime dans la Gîtâ, s’il ne le fait pas avec vénération. Seul ce sentiment permet de l’appréhender.
(R. Steiner, La Bhagavad-gîtâ et les épîtres de saint Paul, Paris, 1976, 3ème conf.)
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|  | | Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 14:15 | |
| Difficile....
Je livre mon impression brute :
En fait lorsque j'ai lu la Baghavad Gîtâ, j'ai été comme pris d'un sentiment de piété. J'ai eu l'impression comme lors de ma première lecture de l'evangile de jean d'être en présence de révélations grandioses, ces deux textes m'ont fait la même impression, d'autant plus lorsque je me suis rendu compte que Krishna était l'avatar de Vishnu lui même à rapprocher de Baldr le magnifique.
Mais j'avoue être dans la confusion. Entre le Moi supérieur, le consolamentum, le Christ, Krishna, et les dieux solaires des anciens, mis en rapport avec l'homme primordial (Adam / Ymir) je suis un peu perdu.
La lecture de l'égoïsme en philosophie m'a un peu chamboulé, dans le bon sens du terme.
Et j'ai desormais l'impression que ce que j'ai toujours "ressenti" (pas d'autre mot pour l'exprimer... mélange de ressentiment et de "vue" "imaginale") comme le dieu solaire et plus tard l'esprit solaire, le Christ, ne serait pas autre chose que mon Moi... Glupsss... Impression assez étrange.
Parce que ce qui m'a guidé depuis quelques années, qui m'a toujours servit de point de référence par rapport à ce que je devais penser d'une "Idée" ou d'un fait, c'était sa nature solaire ou tout au moins lumineuse qui me venait à l'esprit lorsque j'y pensais, là encore je ne peux que parler "d'image" "ressentie". Assez difficile à expliquer. Mais c'est de là que vient ma vision de l'Ethique.
Chose à part : "celui qui ne tient pas compte du monde et qui est plein d’amour pour tous les êtres, celui-là vient à moi,"
Que peut vouloir dire ne pas tenir compte du monde ? Le thème est quand même le fait que Arjuna refuse de tuer ses ennemis. A la fin il décide d'accomplir son destin. A moins que le sens n'en soit que camouflé, le meurtre et la karma ne sont pas mis en relation. C'est assez étrange. _________________ « Tu pleures sur ceux sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants » (Baghavad-Gîtâ) |
|  | | Blandine

Inscrit le : 21 Aoû 2006 Messages : 1285 Localisation : Frontière lorraine
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 15:09 | |
| | Mathieu a écrit: | Et j'ai desormais l'impression que ce que j'ai toujours "ressenti" (pas d'autre mot pour l'exprimer... mélange de ressentiment et de "vue" "imaginale") comme le dieu solaire et plus tard l'esprit solaire, le Christ, ne serait pas autre chose que mon Moi... Glupsss... Impression assez étrange.
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A toi de ne jamais oublier que le "Moi" fut précisément un don de Dieu. S'unir à son Moi supérieur demeure l'aspiration suprême de l'homme et s'unir un jour à l'Être du Christ le but même de son évolution. C'est, en effet, cet archétype macrocosmique sublime que l'âme a constamment sous son regard outre tombe, lorsqu'elle travaille alors, de concert avec toutes les hiérarchies, en vue de cette réalisation.
Vishnou est identique au Christ en tant que deuxième Logos dans la Trimourti indienne, et Krishna ce que Steiner décrit comme son Ersatzinkarnation au 3ème millénaire av. JC – non dans la chair, mais en corps éthérique – l'Incarnation proprement dite au plan physique ne survenant qu'au début de notre ère.
Cette question est importante. Il pourrait t'être utile de consulter ce qu'en expose R.S. dans le cycle de conférences ci-dessus sur la Bhagavad-gîtâ. |
|  | | Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 16:14 | |
| Merci pour ces précisions. Et de même pour les citations de Steiner plus haut.
Juste une question. Est-ce qu'il y a un rapport précis entre le Moi supérieur et l'Esprit ? Une question que je posais à JC il y a encore quelques jours autour d'un café au bord du lac d'Allos !
http://dhdc2917.over-blog.com/article-17410889.html
| Citation: | - Tu n'as que très indirectement participé à la mort de Nora, Aymeric, et à ton corps défendant : la main de Dieu seule t'avait placé là pour que ses tourments t'ouvrent les yeux... Quant au consolament, sache d'abord qu'il n'est pas un rite, encore moins un « sacrement » au sens où tu l'entendrais. Le consolament est essentiellement, pour nous, la rencontre, l'union clairvoyante et pleinement consciente de l'âme avec ce que nous appelons son esprit supérieur - son vrai Moi, si tu veux - sa propre nature spirituelle objectivement perçue comme une forme féminine au delà de toute expression. C'est cela le consolament : le vrai « mariage » de l'âme et de son esprit, l'union des deux « en une seule chair », au sens propre du terme, et non cette pauvre copulation animale de deux corps différents que s'obstinent à vouloir « sanctifier » les clercs de Rome. Me comprends-tu?...
C'est cette forme de Lumière que Nora a rencontrée peu après que tu l'eus quittée, et avec laquelle elle s'est unie - âme et esprit enfin conjoints en une seule chair, en son propre corps... Ce que tout homme ne rencontre qu'après la mort, Nora l'a rencontré avant, en pleine conscience, et c'est cela qui l'a fait ensuite quitter ce triste monde le sourire aux lèvres. Elle n'a même pas senti le feu.
Le Graal de Montségur, J.Y.G. |
_________________ « Tu pleures sur ceux sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants » (Baghavad-Gîtâ) |
|  | | Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 17:47 | |
| Impressionant, je viens de lire ça en faisant une recherche sur Krishna :
| Citation: | | Devaki engendra Krishna sans qu'elle ait été fécondée par son mari. |
Certains crieront forcément à la christianisation. Mais je pense que cela vient du Mahabharata et cela me semble difficile dans le cas de ce texte. _________________ « Tu pleures sur ceux sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants » (Baghavad-Gîtâ) |
|  | | Mathieu

   Age : 23 Inscrit le : 26 Jan 2007 Messages : 686 Localisation : Vallée de l'Argens
| Sujet: Re: Bhagavad Gîtâ (extraits) Lun 4 Aoû - 18:45 | |
| Interessant aussi ceci :
| Rudolf Steiner dans "l'egoïsme en philosophie" a écrit: | A la place de la spéculation sur un au-delà extérieur à l'homme, le néoplatonisme installe la vision intuitive du monde intérieur humain. Un phénomène extrêmement caractéristique surgit à cette occasion, à savoir que le néoplatonicien considère sa propre intériorité comme lui étant étrangère. On est donc allé jusqu'à la connaissance d'un endroit dans lequel le dernier membre de l'univers était à rechercher; ce qui s'y trouvait, on l'a faussement interprété. C'est pourquoi le néoplatonicien décrit les événements intérieurs de son extase, de la même façon que Platon décrivait son monde suprasensible.
Il est significatif que le néoplatonisme en vienne à exclure de la nature du monde intérieur ce qui précisément constitue le noyau véritable de celui-ci. L'état de l'extase doit seulement apparaître au moment où la conscience de soi fait silence. Il était donc naturel que l'esprit du néoplatonisme lui-même ne pût contempler sa propre entité sous sa vraie lumière.
C'est dans cette manière de voir que les cheminements des idées qui forment le contenu de la philosophie grecque, ont trouvé leur aboutissement. Ils représentent l'aspiration de l'être humain à reconnaître sa propre essence comme étrangère, à la contempler et à l'adorer.
Selon la suite naturelle de l'évolution, au sein de la spiritualité occidentale, la découverte de l'égoïsme aurait dû succéder au néoplatonisme. C'est-à-dire que l'homme aurait dû reconnaître cette entité considérée comme étrangère comme étant bien la sienne propre. Il aurait dû se dire: l'élément le plus évelé qui existe dans l'univers donné à l'homme, c'est le Je individuel, dont l'essence fait son apparition au plus profond de la personnalité. |
_________________ « Tu pleures sur ceux sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants » (Baghavad-Gîtâ) |
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